21 décembre 2008

Les suites monotones

Chacun le sait, chacun se doit de le savoir, je corroborerais même en disant que c'est inscrit dans notre patrimoine génétique depuis les premiers organismes vivants sur Terre : le théorème des suites monotones dit la chose suivante :

- Si une suite est croissante et majorée, alors elle est convergente.
- Si cette même suite n'est pas majorée, alors elle diverge.
Même chose pour les suites décroissantes, cette fois minorées ou non.


Sur ce dessin tout en légendes explicatives, la suite converge vers L


Ce théorème, d'une importance capitale, notée 9/10 par M. Jan, ne peut pas être oublié. S'en souvenir et le rappeler sans réfléchir est un réflexe aussi naturel et primordial que respirer.
Et pourtant ...


Lundi 15 Janvier 2008, 15 heures, heure de Paris.

Après une heure de cours intense sur un tout nouveau chapitre relativement appréciable, les fonctions continues et dérivables, il est temps de passer à la correction de l'exercice donné le week-end dernier.
Avec la malchance qui me caractérise souvent, la craie me passe encore entre les doigts. Pour mémoire, c'est la troisième fois que je passe au tableau ... ce dont peu de mes camarades peuvent se vanter ou s'apitoyer. Tremblant de tous mes membres, je me dirige vers l'inconnu en lisant le sujet de l'exercice en chemin ... Je suis excusable, j'avais été absent au dernier cours de maths, pour une raison valable et que je peux prouver.


A quoi ressemble un exercice au tableau. Ca n'a ici rien à voir avec des maths, mais les visiteurs ne faisant pas sup Maths ne s'en rendraient même pas compte.

Donc, n'ayant pas fait l'exercice en question, j'espère que ma mémoire réputée défaillante saura montrer quelques signes de vie pour m'aider si l'occasion se présente. Hélas ...
La première question me demande, gentillement, selon le style écrit très reconnaissable de M. Jan, d'étudier la suite définie par
un+1 = un(1-un), ce dont je m'acquitte non sans quelques erreurs de calcul dignes d'un collégien. Le tableau stresse, pourrais-je me défendre ...

La suite est très logiquement décroissante, puisque un+1-un = -un², soit quelque chose de clairement négatif. Reste à prouver que la suite est, pour tout n entier naturel, inférieure à 1/(1+n). Comment faire ? Je ne le saurais jamais, même si maintenant que j'y repense, une récurrence aurait été une bonne idée à proposer ...
Devant ma perplexité, M. Jan prouve encore une fois son immense mansuétude et tente, par un questionnement élaboré et suivi, de m'apporter une aide que j'attendais avec espoir. Mais mon ignorance effarante de visibilité l'emporta ...
D'une voix divine, entière et salvatrice, transcendant notre humanité :

" Peux-tu m'énoncer le théorème des suites monotones ? "


Un théorème à la fois simple et utile, qui traite des suites définies croissantes ou décroissantes. Ma première idée, dont j'étais persuadé, et qui fut la mauvaise, fut écrite à la craie dans l'angoisse la plus palpable.

Si un croissante, alors un minorée par u0
Si
un décroissante, alors un majorée par u0


Je lis la colère sur Son visage, et ne pus soutenir Son regard ardent réprimandant ma misérable condition. La reproche m'accable et la mort, même la plus douloureuse, si elle peut survenir rapidement, m'apparait encore comme une échapatoire tentante.
La réponse de M. Jan est glacée, irrévocable, telle une guillotine s'abattant sur moi.

" Tu vas prendre tes affaires et quitter la salle. "


Ainsi, je devins le premier, et pour le moment le seul élève de M. Jan viré de cours par celui-ci. Sous le regard compatissant (hum ...) de mes camarades, dans un silence froid et malsain, je pris la porte, et la referma derrière moi.

La porte de notre classe, vue de l'extérieur, aussi indifférente à mon tourment que sa nature d'objet lui permet.
Photo n'ayant finalement rien à voir avec le sujet. Comment ça encore ?!!



Les premières heures d'exil furent difficilement surmontables. Loin d'oser blasphémer sur la justification d'un tel acte, que je considérais amplement mérité, je maudissais mon incompétence, me jugeant indigne d'avoir reçu pendant 3 mois l'enseignement divin de M. Jan. Ma vie était ratée, irrattrapable, méprisable ...
Souillée par l'ignorance pour toujours, ma vie n'aurait même pas mérité une mort qui ne fut pas douloureuse. Me suggérant une torture atroce pendant 10 ans avant de pouvoir être repenti et mourir avec un peu plus de paix, l'idée de retourner en cours m'apparaissait satanique.

Aujourd'hui encore, le poids du remord est lourd, et je demande de temps en temps de petites lapidations pour m'apaiser. Mais ma faute est loin d'être pardonnable, et M. Jan ne mérite que plus d'admiration qu'il n'obtient décemment, pour avoir su passer cette étape peut glorieuse de ma misérable vie.
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Petite fin d'article pour rappeler que nous sommes enfin en vacances !
Les articles ne se raréfieront pas pour autant, je tenterais même de rendre leurs publications moins espacées.
Bonnes vacances à tous, passez de joyeuses fêtes ...

Et faites votre DM de maths.

14 décembre 2008

Raganrok!! du Jeudi, à 2 heures.

La prépa est pétrie de traditions. Ces coutumes ancestrales remontent à des époques immémoriales, instaurées par des maîtres penseurs dont la sagesse n'avait d'égal que l'influence (M. Jan ?) Personne ne saurait justifier leurs existences, au même titre que personne n'oserait les outrepasser. Elles font parties de nos vies au même titres que nos cours, que le besoin de sommeil, et les remettre en question est une pratique tellement blasphématoire que même mes doigts se sentent souillés d'avoir tapé une insinuation pareille.

Parmi ces traditions, la plus importante de toute se déroule tous les jeudis, entre 1h55 et 2h
: le Biokhrâss.
Le Biokhrâss (écriture variable, celle-ci étant la plus recherchée) est un art singulier et empli de symbolisme. Toutes les classes de la prépas se réunissent, et pendant 5 minutes, tentent d'atteindre la plénitude lyrique de la quintessence artistique. Tous emportés par une folle passion, nous sublimons nos sentiments enfouis pour concrétiser sans désacraliser une approche métaphysique de nos tourments les plus mystérieux. Tous ensembles, plus de 25.000 élèves (environ) extériorisent leur perception latente à travers l'exaltation commune d'une réunion où chacun surpasse son état de conscience d'être vivant humain, pour, pendant 5 minutes, effleurer sans jamais l'attraper une idée parfaite et non préconçue de la Perfection.

Pour les esprits trop rationalistes incapables d'émanciper leur symbolisme abstractif naturel pour arriver à comprendre de quoi il retourne sérieusement, je m'en vais détailler plus explicitement le phénomène.


Les prépas sont divisées en plusieurs filières parfois très différentes munies pareillement du même sentiment de mépris et de sincère inimitié les unes envers les autres. C'est pourquoi malgré mon attachement profond très facilement rapprochable à du patriotisme envers ma filière, la MPSI, je vais tenter de me montrer le plus objectif possible en vous les détaillant. Il vous semblera bien vite que cette tentative va bien vite se montrer vaine ...

  1. Les Khâgneux


    Les littéraires, à peine sortis de terminales L sans aucun espoir d'avenir. N'ayant donc d'autres choix que de devenir soit profs de littérisme, pour perpétuer le cercle vicieux, soit quelque métier dit "instruit" qui n'attire plus personne, ils échouent donc misérablement dans nos belles prépas qu'ils ont vite fait de souiller par leur vivace ignorance de toutes ces choses primordiales à la vie, la première étant bien sur les maths.

    Leur nom vient de l'adjectif cagneux voulant dire "genoux collés et pieds écartés" sans qu'aucun lien ne me paraissent au premier abord évident ... Si vous êtes assez corrompu pour vous intéresser à leur cas, plus d'informations ici.

    Ils sont également remarquables en le fait qu'au lieu de lancer, comme tout le monde, dans la joie et la bonne humeur, des insultes paillardes et en rimes, ils chantent en latin une chanson que personne ne comprend et que de toutes façon sous les hurlements de tous les autres, personne n'entend.

    Khâgneux typique

  2. Les Ecos

    Étant en totale infériorité numérique, il est souvent difficile de les repérer. Vivant soit dans l'ombre pour comploter contre l'évidente domination des taupins, soit dans la crainte constante de représailles violentes et douloureuses, ils ne se font souvent pas remarquer. Tellement, qu'il me semble que cela fait bien, bien longtemps que notre beau biokhrâss n'a pas entendu de puissants "Ecos, Blaireaux !!"

    Il semble même qu'ils ont leurs propres surnoms, les épiciers, mais il ne me semble pas l'avoir déjà entendu au détour d'un couloir sombre de notre bonne vieille prépa ... Ecos, où êtes vous ?

  3. Les Bios

    De vraies saloperies. Les plus exposés lors du biokhrâss, et pourtant les plus audacieux. Portant de temps en temps des blouses qui furent petit à petit délaissées, ce sont les plus touchés par le cri rugissant et presque univocal -tant la conscience commune remplace les consciences personnelles des élèves-, du "Biokhrâss", et pourtant loin de déprimer devant la haine manifeste et extrapolée des autres classes, ils n'en sortent que plus vifs et plus hargneux, en chantant leur phrase unique et vide de sens : "Rentre chez toi, ta mère a fait des gaufres"

    Mettant sans cesse en doute l'hétérosexualité des taupins, ils ne méritent que certaines formes lentes et douloureuses de tortures. Des bruits ont couru récemment selon lesquels "les Bios se tapent des animaux" mais que cette affirmation pétrie d'évidence reste entre nous.

  4. Les Taupins

    Les meilleurs de tous. Regroupant les classes de MPSI et PCSI (ça je l'ai appris il y a peu en vérité) ce sont les plus nombreux et les plus à même de dominer l'échange artistique du biokhrâss dans les meilleures conditions possibles. Souvent aux étages élevés pour dominer plus amplement le phénomène, toute tentative pour enfreindre leur suprême autorité est écrasée par leur sublime supériorité effarente d'évidence.
    Même les félones tentatives d'associations des autres classes pour s'en prendre aux taupins sont d'avances voués à l'échec et couvertes sous l'unisson des houspillages reçus en retour de leur part.

    Puis, quand, une fois de plus, les autres filières sont minées par leur propre infériorité au point de songer au suicide collectif, les taupins entament leur chant d'une virilité tellement palpable qu'elle pourrait presque enfanter toutes les femelles dans un rayon de 50 kilomètres, à savoir
    "Il était un petit navire"


    Taupins se préparant au biokhrâss, boules de neige en prime.
    Be afraid. Be very afraid.


Toute cette Concentration de Puissance ne peut évidemment que créer une entropie propice à des flux d'énergie d'une puissance incontrôlable. C'est là le sens pur et profond du biokhrâss, dans la plus grande admiration de magnificence. Beaucoup tentèrent d'entraver la volonté étudiante d'y participer, mais jusque là personne ne réussit jamais à empêcher que chaque Jeudi, exactement entre les deux sonneries séparant la fin de la première heure et le début de la seconde.

Pour conclure le sujet, voici à quoi un biokhrâss ressemble dans sa forme matérialisée, encore faut-il y être pour comprendre le sens véritable et offert uniquement aux plus passionés. En plus, il se déroulait un jeudi enneigé, promettant quelques échanges de matière aquatique semi-gelée dans la plus grande camaraderie.
Je m'excuse d'avance pour :
- La tendance que j'ai à filmer du vide (ou ma main ...)
- La mauvaise qualité auditive
- Ceux qui se reconnaitront (mais j'ai leur accord)
- La honte qu'on ressent, quand même, après coup ... ^^



10 décembre 2008

Holy God it's snowing !!

J'avais prévu à mes lecteurs dans l'attente impatiente d'un billet leur arrachant timidement quelques sourires, d'écrire un article ce soir n'ayant rien à voir avec un titre pareil. Mais le temps en décida autrement pour moi et je me dois, ce soir, de relater les évènements qui se sont produits aujourd'hui.
Ce matin, et même depuis hier soir, les plus forts parmi vous en anglais (et de manière générale, tous ceux qui vivent dans la région de toute façon ...) auront compris que la neige s'est décidé d'égayer notre beau parvis de sa blancheur immaculée, ruinant avec bonheur nos chaussures et nous promettant quelques boules de neiges lancées dans la plus grande euphorie possible.

Petit mot avant que ça ne se voie trop : je déteste la neige.
C'est froid.

Ne se contentant donc pas de virevolter au gré des vents, d'abondantes chutes de ces fichus cristaux d'eau à 6 branches stagnèrent sur le sol, se mélangeant avec liesse à la saleté des trottoirs stéphanois, et nous infligeant l'angoisse permanente à propos d'un potentiel arrêt des trams.
Comme il faut toujours prouver ce qu'on avance (
Les tables de la Loi de M. Jan, Chapitre 2 Verset 3) voici, avec flash, la neige prise en flagrant délit de chute inopinée sur étudiants non consentants :

Je m'attendais pas à une photo pareille. Ca en jette, avouez.

Le soleil ne s'étant pas encore donné la peine de réchauffer nos membres glacés à cause d'oublis éventuels d'écharpes ou de gants, et au passage de me donner la lumière nécessaire à une photographie valable, il est vrai que la vue est assez limitée mais le résultat final reste sans équivalent. Plus tard dans la journée, alors que la neige tombe toujours suffisamment pour entamer mon moral de manière très efficace, il me vient à l'esprit d'immortaliser notre cours, pour que les personnes assez folles pour s'extasier devant tant de triste blancheur morne, pâle ne puissent pas dire que ce blog manque d'éclectique.

"Ouaaais, il a neiiigééé" crient en coeur les enfants hystériques avant de se lancer de la flotte froide à la figure et de mourir douloureusement quelques jours plus tard d'une grippe fulgurante.

Et, la journée se terminant à 12h00 pour les plus chanceux dont je fis partie cette semaine, je ne résistai pas à l'envie de garder précieusement un souvenir de ce jour, où, pour la première fois sous nos yeux, les feuilles mortes recouvrant l'allée qui mène au bâtiment furent ensevelies sous le manteau blanc de la neige. Les arbres dénudés de leurs feuilles revêtirent pour l'occasion un élégant apparat blême, pour le plus grand plaisir des architectes paysagistes.
J'ai beau me plaindre, ça lui donnait une belle frimousse, à notre chère prépa.
On la voyait un peu moins que d'habitude, ce qui a aussi une part de gratifiant, au fond ...


Le ciel est blanc, le sol est blanc, les arbres sont blancs, mais mon dieu personne ne voit le complot ou bien ??

Pour compléter un billet qui finalement est bien vide de contenu, et bien qu'évidemment je m'engage à me racheter pour le billet futur en promettant plus encore de ces longues lignes bourrés de phrases à rallonge dont le sens est depuis longtemps perdu de vue par les rares lecteurs qui, soit avec ténacité et motivation (et aspirines) tentent de les comprendre, soit les sautent joyeusement pour regarder les images qui leur parlent beaucoup plus ...
... je vais terminer ici par une petite blague, pas forcément drôle, mais qui illustre si bien l'état d'esprit de notre prof de maths que je ne peux m'empêcher de vous la faire découvrir.
Relisez cette phrase, je suis sûr que vous avez pas tout compris du premier coup.


Un médecin, un légiste et un mathématicien discutent des mérites comparés d'une épouse et d'une maîtresse.
Le légiste :
“ Il vaut mieux avoir une maîtresse. En cas de divorce, une épouse pose de nombreux problèmes légaux. ”
Le médecin :
“ Il vaut mieux avoir une épouse, car le sentiment de sécurité réduit le stress, et c'est bon pour la santé. ”
Le mathématicien :
“ Vous avez tous les deux tort. Le mieux est d'avoir les deux. Quand votre femme vous croit chez votre maîtresse, et votre maîtresse chez votre femme, vous pouvez faire des maths. ”

9 décembre 2008

Notre très chère école

Cet article ne sera pas aidé par les effluves grammaticales de mon lyrisme unique pour paraître moins ennuyeux qu'il l'est réellement. Effectivement, comment présenter une école, surtout la notre, de manière captivante ?
Après avoir retourné la question dans plusieurs sens, il m'est venu à l'esprit de raconter la journée moyenne d'un élève de MPSI² au travers des bâtiments qui jalonnent l'espace alloué notre libre balade, élève que par pur amour des maths, nous appellerons λ.

Λ donc (et oui, majuscule en début de phrase) se lève tôt le matin, miné par l'échec complet de la journée d'hier, et enthousiasmé cyniquement par l'échec complet de la journée à venir. Alors que la nuit est encore noire dehors, il ne prend réellement conscience de son réveil que dès lors qu'il voit la masse imposante et sombre du bâtiment dans lequel on l'enchaine.


Le bâtiment des prépas à 7h45. Avouez, c'est déjà pas engageant.

Et outre le fait de ressembler à une antre maléfique qui vous aspire pour un aller sans retour dans les tréfonds de la souffrance infinie, bordée d'arbres morts qui à travers leurs branches vous soufflent un "bienvenu"qui meurtrit votre âme en son sein le plus profond, l'intérieur ne fait rien pour changer la donne.
Le concepteur de ce bâtiment, s'il m'est inconnu, est quand même resté dans l'histoire pour avoir donné à l'intérieur de notre prépa la plus chaleureuse des décorations.


" Bienvenue au bâtiment principal de CPGE de Claude Fauriel.
Veuillez quitter votre apparat et revêtir le costume de bagnard laissé à votre disposition à l'accueil.
Tout agissement en faveur d'une meilleure reconstitution de l'ambiance "prison" sera chaleureusement récompensé.

Nous vous rappelons qu'il est interdit d'être heureux dans l'enceinte de l'établissement. "

Avec une certaine habitude à dénigrer cet aspect qui rend finalement son habitat tellement unique, λ se rend dans sa classe pour assurer sa présence aux 2 premières heures de cours. Étant un tantinet en avance, il en profite pour regarder, en entrant, à sa gauche, si les nouvelles sont bonnes.

Sorte de centre de l'information de notre classe, dont λ profite pour subir la douche froide de savoir que sa colle de maths arrive le lendemain, et que le programme fait presque 2 pages.
Notez l'inutilité des portes-manteaux, placés juste à côté de la première rangée.

Ce muret, qui à l'époque de notre rentrée était uniquement décoré d'une blague mathématique (qui nous rappelais alors notre incompétence, à peine sortis de Terminale, face à la montagne de savoir qu'il nous restait à gravir) fut tour à tour rempli par différentes annonces et informations, dont les plus remarquables furent :
  • Le programme de colle de la 20ème semaine, alors que nous n'en sommes actuellement qu'à la 13ème, postée par des gens mals intentionnés cherchant à insinuer la peur la plus glauque en nous, par son contenu des plus riches et profondément complexe.
  • Une discussion mythique entre plusieurs élèves de la classe, mettant en scène très particulièrement l'un deux, s'étant démarqué par une capacité d'improviser des phrases à la chaîne que le monde entier citera encore dans 25 ans en parlant des grands traumatismes subis par les maths sup. Si j'arrive à mettre la main dessus, vous y aurez sans doute droit ...
  • Une feuille visant le plus sérieusement du monde à savoir qui d'entre nous voulaient telle ou telle version de la photo de classe, taguée effrontément par les sup 1, nos ennemis jurés. Un article sur leur fourberie sera sans doute créé un jour ou l'autre ...
A l'attention des personnes me réclamant un droit d'image, je dénigre tout entravement à la loi dans la mesure où les photos sont tout simplement trop floues pour être vues, et que le cas "photo d'une photo d'une personne" entre dans un paragraphe de l'article de loi que j'espère que vous serez trop fatigué pour aller chercher ...

4 heures de cours plus tard, notre élève λ décide, car le soleil vient enfin de se lever, d'accorder un regard à sa fenêtre. La vue, en début d'année obstruée par les arbres encore feuillus, s'est vue débouchée au fil de l'automne pour désacraliser l'impression de cloisonnement pourtant tant appréciée dans l'enceinte du bâtiment. Il en résulte un aperçu agréable, quand le soleil décide de se lever (dans notre région, vers 11h45).


Une fois le soleil revenu, la vue se fait plus agréable.
Ce sentiment de plaisir se devant d'être d'une manière ou d'une autre compensé,
le soleil vient nous brûler les yeux pendant les cours.


Sortant du bâtiment pour aller manger, λ prend tout droit pour traverser la cours des lycéens. De là, il tourne à gauche et écarquille les yeux d'étonnement, devant la queue attendant d'entrer au self. Ce n'est décidément pas un bon jour pour λ, qui a oublié que les prépas recommençant à une heure ont un avantage prioritaire sur toute cette racaille pré-pubère n'ayant même pas le bac, et qu'un chemin alternatif, bien plus rapide, lui était disponible.
Certains traversent même le bâtiment scientifique, utilisant des raccourcis non homologués par le CTEPAPS (Comité de Tempérance des Émeutes Pour Arriver le Premier au Self)

Il me manque une photo du self. Je vais donc faire dans l'abstractif.


Le self, un jour brumeux de blizzard. Vision d'artiste. Aveugle.


Ainsi suffira pour la première partie des aventures de
λ, l'élève indéterminé.
Je lui prédit encore beaucoup de chemin à faire, mais ce message s'éternise et la plupart de mes lecteurs ont sans doute lâché l'affaire.
En passant, veuillez noter, pour ceux que cela concerne (à savoir pas vous, visiteurs n'ayant aucun rapport avec ma classe) le rendez-vous chez Emanuelle jeudi 18 décembre, à une heure encore à déterminer, pour un apéro visant à nous préparer au repas de classe.

7 décembre 2008

Ce par quoi il convient de commencer

Avant même de présenter mes camarades, il convient de débuter par une figure primordiale de notre classe, et même de notre Univers : notre prof de maths, M. Jan.

Photo typique de M. Jan au maximum de son potentiel
M. Jan est notre idole.
M. Jan est l'allégorie des maths en ce monde.
Certains racontent même qu'
Il serait l'essence même des maths.
Il est en tout cas clair que M. Jan a inventé les maths, bien avant toute entité créatrice connue ou inconnue.
M. Jan est infaillible, incorruptible, irréductible et indénombrable.
M. Jan méritait pour cela toute notre dévotion. Nous brûlons des cierges chaque jour à
Sa gloire divine, et nous agenouillons devant l'étendue de Sa connaissance.

Il épanche notre soif de connaissance intarissable par l'étendue de
Son savoir infini et incalculable.

Tout a commencé dès le premier jour. Une visite inopinée des secondes années, les "spé maths", nos futurs parrains et protecteurs, virent nous parler pendant une heure de l'agonie longue et douloureuse qui nous attendait cette année, tout en nous laissant entrevoir la Lumière au bout de chemin, vers laquelle M. Jan serait prêt à nous guider.

Très vite, le programme difficile nous tint en halène et nous montra l'indiscutable supériorité de M. Jan, bravant les mathématiques avec un talent inégalé, dont la vue était presque indigne à nos yeux jeunes et innocents.
En résolvant des questions en quelques secondes là où tous ensembles, nous aurions mis des heures,
Sa réputation de divinité se transforma en admiration de notre part, puis en adoration. Très vite, il fut admit des faits irrévocables et péremptoires :
  1. M. Jan a compté jusqu'à l'infini. Deux fois.
  2. M. Jan peut diviser par 0
  3. M. Jan décide de la dernière décimale de Pi
  4. M. Jan peut démontrer l'existence ET l'unicité de Sa nature divine
  5. M. Jan trouve le Grand Théorème de Fermat évident.


Telle des offrandes à l'objet de notre Contemplation, nous avons même commencé à poser des questions qui relèvent du génie mathématique à M. Jan, pour mettre à l'épreuve Sa grandiose connaissance. Mais jamais l'étendue de Son savoir ne lui fit défaut, et jamais nous ne sommes arrivés à lui poser de colles.
M. Jan résolvant nos questions avec une incommensurable facilité.
Et encore, là on était calmes, maintenant le tableau en est complètement saturé.

Ce qui n'a que contribué à l'étendue non bornée et non convergente de notre sincère admiration.
Beaucoup de théories ont spéculé sur l'origine de
Son évidente supériorité, et la plus crédible et acceptée est la suivante :

  • La pomme de la connaissance

Comme nous le savons tous, la pomme est le symbole de la connaissance, qui sortit de leur état d'extase niaise Adam et Eve, et qui tomba sur Newton pour qu'il mette au point l'une des théories les plus importantes de la conception de l'univers.
Or, il s'avère que la pomme, verte de préférence, est le seul aliment vu entre les mains de M. Jan. Rien ne fut plus clair dans nos esprits : M. Jan, étant une Entité Suprême, n'a à l'évidence pas besoin de
Se ravitailler et donc de Se nourrir. La Pomme, lui permettant non seulement de feindre Son humanité en S'intégrant parmi les pauvres et faillibles êtres humains, lui octroît le décuplement de Son savoir à chaque bouchée.

Un véritable culte est né de la Pomme, qui est vénérée au même titre que M. Jan, et depuis longtemps mangée dans l'espoir de prétendre un jour être reconnu comme fervent disciple de M. Jan.

Tant de louanges sont encore à faire, et une vie mortelle humaine ne suffirait pas à vous les conter. Mais cet article, loin d'être le dernier, ne fait que débuter le Témoignage de ceux qui ont approché la perfection, s'en sont imprégné, en sont repartis heureux et comblés.

5 décembre 2008

Tiens, un blog.

Permettez moi, avant toute chose, de présenter le peu que vous aurez à connaitre sur l'auteur de ce nouveau blog, sans la moindre prétention, et encore moins d'espérance de célébrité.

Elève en classe de MPSI², ou prépa maths, ou pour les plus formels qui sinon risquent de se bousiller des neurones à chercher l'acronyme : Maths Physique Science Industrielles, il m'a pris l'idée folle de compenser ma mémoire défaillante par une prise fervente et innocente de photos.
De ma classe, de mes camarades, de nos coutumes, parfois de nos professeurs, qui furent ainsi tour à tour irradiés au flash destructeur de mon appareil, à tel point que cela deviendrait presque une figure de notoriété ...

A travers nos délires privés entre mathématiciens en herbe, ce blog ne plairait pas à tout le monde. A moins que vous aussi calculiez les tangentes aux points de rebroussements et êtes soulagés si vos équations différentielles sont à coefficients constants, il n'y a guère de chance que vous compreniez notre philosophie de vie. Il s'agit ici simplement pour moi d'accomplir plusieurs choses :

  • Succomber à la pression constante de certains de mes camarades de publier les photos prises, au lieu de les conserver comme une sale radasse, ce qui était le plan de départ.
  • En profiter pour parler un peu de nous, les "spé maths", ceux qu'on regarde dans la rue de travers en disant à sa voisine :
- Les jeunes d'aujourd'hui c'est plus ce que c'était Mme Lampion, regardez celui-là avec un son air suicidaire et ses cernes marquées ; il fait 15 heures de maths par semaine, dors 2h par nuit pour essayer de comprendre ce qu'il fait la journée, et pourtant il aime ça.
- C'est à cause de leurs portables qui leurs envoient des ondes dans le cerveau qui leur détraquent tout, moi je vous dis.

Ne mentez pas, nous avons tous un ancien spé maths dans la famille, un peu comme le mouton à 3 pattes que personne ne comprend quand il essaye de parler de ce qu'il fait dans la vie.
  • Faire subir à mes rares lecteurs l'intensité lourde et gonflante de mon style écrit alambiqué et précis, que j'espèrerais toujours sans fautes et abusant de toutes les ressources de grammaire que la langue française à jugé bon de me laisser choisir.

J'essayerais, avec je l'imagine beaucoup de difficulté, de garder un quota impressionnant d'un billet par jour, parlant de la journée passée et de son lot de curiosités intéressantes.

Si vous escomptez aller en prépa maths un jour, ce blog est fait pour vous, rescensant avec la précision la plus désirée l'exactitude de la vie étudiante qui pour moi vient juste de commencer. Autrement, j'espère que les quelques fous assez audacieux pour visiter ce blog auront la joie de passer un bon moment.

Sur ce, je compte de ce pas créer un autre article, qui ne se fera pas attendre bien longtemps.